M. Obama : les É.-U. et Cuba entament des étapes clés vers une ère nouvelle

M. Obama le 19 avril 2009

Le président Obama a donné sa dernière conférence de presse durant le Sommet des Amériques le 19 avril 2009.

Washington - Le Cinquième Sommet des Amériques a offert aux États-Unis l'occasion de renouveler leur engagement envers les nations de ce continent et au président Obama celle de « chercher un nouveau départ avec Cuba ».

Cuba ne figurait pas à l'ordre du jour de ce sommet et aucun de ses représentants n'avait été invité à participer à cette rencontre des 34 dirigeants démocratiquement élus des États américains, qui s'est tenue à Port-au-Prince, la capitale de Trinité-et-Tobago. Mais Cuba était assurément dans les pensées des délégués - un fait que le président Obama a reconnu dans son discours d'ouverture le 17 avril :

« Plusieurs remarques ont été faites sur la question des relations entre les États-Unis et Cuba, alors permettez-moi d'en parler. Les États-Unis cherchent un nouveau départ avec Cuba. »

Ces propos du président Obama ont été chaleureusement accueillis par les participants au sommet et ont été le signal le plus clair à ce jour, transmis aux dirigeants des Amériques et au peuple cubain, d'une évolution de la politique étrangère américaine vis-à-vis de Cuba, île des Grandes Antilles située à environ 180 kilomètres au large des côtes du sud-est des États-Unis.

« Je sais qu'il y a un long chemin à faire avant de pouvoir surmonter des décennies de méfiance, mais il y a des étapes cruciales que nous pouvons entamer vers ce nouveau jour », a déclaré le président.

M. Obama a indiqué que son gouvernement était prêt à faire des ouvertures aux pouvoirs publics cubains sur de nombreux dossiers, allant du trafic illicite de la drogue, de la migration des populations et des questions économiques aux droits de l'homme, à la liberté d'expression et aux réformes démocratiques. Mais M. Obama a ajouté que des pourparlers entamés dans le seul but d'en tenir ne l'intéressaient pas.

« Je suis convaincu que nous pouvons faire avancer les relations entre les États-Unis et Cuba dans une nouvelle direction », a affirmé le président.

Le dégel des relations américano-cubaines a commencé le 13 avril quand des responsables de la Maison-Blanche ont annoncé, lors du point de presse quotidien, l'allègement de certaines restrictions imposées par les États-Unis, notamment sur les voyages des citoyens américains d'origine cubaine et les envois d'argent à leur famille à Cuba.

Les Cubano-Américains peuvent maintenant envoyer aussi des vêtements, des produits de toilette, des semences, du matériel de pêche et autres produits personnels aux membres de leurs familles. Les entreprises américaines pourront obtenir des permis pour vendre des téléphones portables, des services de transmission de télévision et des ordinateurs aux Cubains pour lesquels leur famille aux États-Unis pourront payer, a indiqué la Maison-Blanche.

Cette annonce avait été faite quatre jours avant le début du sommet des Amériques. Et pour la première fois, un responsable de la Maison-Blanche avait répété ses propos en espagnol. Cette déclaration était destinée au peuple cubain directement, ont indiqué de hauts fonctionnaires à la Maison-Blanche.

Le 16 avril, le président cubain Raul Castro a donné sa réponse lors d'une rencontre avec certains dirigeants des Amériques au Vénézuéla. Il a dit : « Nous sommes prêts à discuter de tout - droits de l'homme, liberté de la presse, prisonniers politiques, de tout, tout, tout dont ils veulent parler », selon ses déclarations rapportées dans les médias.

Le secrétaire général de l'Organisation des États américains (OEA) José Miguel Insulza a annoncé le 17 avril qu'il demanderait la réadmission de Cuba à cette entité multilatérale dont Cuba avait été interdite en 1962.

« Toute l'Amérique latine et la Caraïbe attendent un changement de la politique envers Cuba », a déclaré M. Insulza lors d'un entretien accordé à Bloomberg News. « Leurs dirigeants apprécient la valeur de ce que M. Obama a promis et ils souhaitent davantage. »

Les États-Unis ont rompu leurs relations diplomatiques avec le régime castriste en 1961 et imposé un embargo sur le commerce avec cette nation insulaire en 1962. Un an plus tard, une interdiction sur les voyages de citoyens américains à Cuba avait été décrétée par le président des États-Unis à l'époque, John Kennedy.

Lors d'une conférence de presse avec le président haïtien René Préval à Port-au-Prince, le 16 avril, la secrétaire d'État Hillary Rodham Clinton a déclaré que les États-Unis se félicitaient du fait que La Havane se dise prête à discuter de toutes les questions politiques, économiques et sociales auxquelles les deux pays doivent faire face. Mme Clinton a ajouté que les mesures prises par le président Obama et par elle-même montraient clairement leur souhait sincère d'entamer une voie nouvelle avec le régime cubain. « Mais nous nous attendons à une attitude réciproque de la part de Cuba », a-t-elle dit.

« Nous aimerions que Cuba ouvre sa société au reste du monde, remette en liberté ses prisonniers politiques, s'ouvre aux opinions et aux médias de l'étranger, et possède le genre de société qui, comme nous le savons tous, pourra améliorer les possibilités pour le peuple cubain et pour sa nation », a affirmé Mme Clinton.

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